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Accompagner la nouvelle Tunisie dans la réforme de son système judiciaire


« Je mets 50 minutes d’avion pour rejoindre Tunis » annonce Giulio Zanetti, en direct de Rome où se situe le siège de l’IDLO (1) ; « ce n’est rien comparé à Paris qui me prend 2 heures d’avion… »

C’est en s’appuyant, tout d’abord, sur l’argument de la proximité géographique que Monsieur Zanetti, à la tête du département Formation et Réseau de l’IDLO, décrit son attachement à la Tunisie. Les coups de tampon sur son passeport viennent confirmer son engagement pour ce pays: il l’a visité une bonne dizaine de fois, aussi bien avant la Révolution du Jasmin de 2011 qu’après. Dans les semaines qui suivirent le renversement du régime autoritaire tunisien, les membres du gouvernement de transition ont demandé à l’IDLO de les soutenir dans le domaine judicaire, dans cette période de transition démocratique.

Une élection libre plus tard, l’IDLO et Mr Zanetti étaient de retour en Tunisie le 9 et 10 Mai pour partager trois décennies de connaissances des systèmes judiciaires avec les autorités tunisiennes.

L’évènement, organisé en partenariat avec le Ministère de la justice tunisien, a réussi à mettre au tour d’une même table le Ministre Noureddine Bhiri, des représentants du barreau tunisien, les représentants de l’Association des Magistrats et du Syndicat des Magistrats, des groupes représentant la société civile et des délégués du secteur privé.

Mr Bhiri promeut une justice indépendante. C’était, en effet, l’objet central de cette conférence pendant laquelle il a aussi été débattu des moyens de rendre la justice tunisienne plus efficace et accessible à tous. Le souhait du nouveau Ministre de la justice est que tous les tunisiens, moyennant un certain nombre de réformes, travaillent ensemble vers un objectif commun: celui de garantir une justice tunisienne libre de toutes pressions politiques et dans laquelle la corruption serait absente.

L’IDLO et la Tunisie ont toutes deux espoir, qu’il découle de cette réunion rassemblant toutes les parties prenantes, un système de dialogue constant qui puisse soutenir la mise en place d’un processus de réformes judicaires. Durant les ateliers, Mr Zanetti a pu constater l’engouement et le dynamisme de tous les participants. Le peuple tunisien découvre tout juste la liberté de dire ce qu’il pense et de critiquer leur système, chose qui était bannie par la censure encore deux ans auparavant. Les langues enfin déliées de toute pression; les débats ont donc pu se dérouler dans un climat de grande liberté d’expression et de vigueur.

Cependant, il était prévisible que la toute jeune démocratie tunisienne expérimente aussi une phase de divergences de visions stratégiques. Par exemple, certains courants préconiseraient un « assainissement » de la Magistrature en éliminant les personnes les plus profondément impliquées dans le régime précédent.

Malgré cet environnement à la recherche d’un consensus, l’IDLO se félicite d’avoir réussi à réunir autour d’une même table tous ces acteurs de la société tunisienne.

(1) IDLO est l’acronyme anglais pour « International Development Law Organization ». En français, l’acronyme est donc le suivent: OIDD « Organisation Internationale du Droit au Développement ».